Le quartier des Minguettes et le Club des Minguettes: quelles relations, corrélations???!!!

13 octobre 2009 - 12:27

L'heure est à la refonte totale de cette cité de Vénissieux, près de Lyon, vingt ans après les premières émeutes urbaines

Les Minguettes se sont apaisées ???!!!



Attirer les classes moyennes

Les services publics de proximité ont aussi été renforcés : création des conseils de quartier dès 1989, réhabilitation des écoles, implantation d’une maison des services publics… Une école de musique doit prochainement voir le jour aux Minguettes, comme les locaux de l’association Bioforce, spécialisée dans l’humanitaire. Autant d’initiatives parmi d’autres destinées à attirer les classes moyennes, qui ont progressivement déserté le quartier.

Entre 1990 et 1999, les Minguettes ont perdu 2 000 habitants. La paupérisation s’est aussi accélérée, le taux de chômage des jeunes dépassant les 40 %. L’an dernier, la mission locale de Vénissieux, basée dans l’une des tours des Minguettes, a enregistré 688 nouvelles inscriptions. Un record pour cette structure d’accompagnement des jeunes vers l’emploi, créée en 1982. «Notre public est très peu qualifié, en majorité issu de l’immigration et vit aux Minguettes, détaille Martial Guiguet, directeur du centre. Tout ce mélange fait qu’ils ont beaucoup d’obstacles à franchir.»

Manque de réseau, d’estime de soi et de perspectives, la jeunesse des Minguettes souffre de maux bien réels. «C’est important qu’ils puissent être en contact avec ceux qui travaillent, estime Sylvie Perlès, directrice de l’espace Jeunes. C’est pour cela que la mixité sociale est nécessaire.» Mais le changement de décor qui s’opère peut-il suffire ? Pour Guy Fischer, ancien instituteur aux Minguettes , vice-président du Sénat (PCF) et conseiller général de Vénissieux-Sud, «la rénovation urbaine est un plus, mais elle ne résoudra pas les problèmes de la population. La ségrégation a déjà fait son œuvre et le chômage est vécu à fleur de peau. Si on ne retrouve pas les grands faits divers du passé, une économie souterraine, une délinquance rampante se développe».

Au dernier semestre, la police a recensé 3 000 faits de délinquance, un chiffre stable depuis 2000. «La tension n’a plus rien à voir avec celle des années 1980, soutient Henri Thivillier. Mais on est toujours sur le fil du rasoir.» «À la limite, c’est mieux quand c’est explosif car les jeunes ont du “peps”. Là, c’est plus insidieux», estime pour sa part Sylvie Perlès. Pourtant, élus comme résidants s’accordent à dire que l’image des Minguettes s’est sensiblement améliorée. «Nous ne sommes plus la figure emblématique des faits divers», remarque Guy Fischer.

La solidarité entre les habitants du quartier est exceptionnelle

Une évolution positive confirmée par Damien Chénel, chef d’agence de l’Opac Grand Lyon, un des bailleurs sociaux des Minguettes : «Les habitants sont fiers de leur quartier et ont moins envie de partir, observe-t-il. Il n’y a quasiment plus de voitures brûlées et les espaces verts sont mieux entretenus.» Même l’équipe de football du quartier se félicite de sa nouvelle réputation. «Voilà encore dix ans, le nom des Minguettes faisait peur dans les villages où nous nous déplacions, se souvient Joseph Inzirillo, secrétaire général de l’association sportive Minguettes football. On a finalement réussi, notamment grâce à un travail de réflexion sur la violence, à montrer qu’on était des gens comme tout le monde.»

Si l’image négative s’estompe, «l’affaire de l’imam Bouziane et des jeunes Vénissians de Guantanamo a remis de l’huile sur le feu.», regrette Henri Thivillier. Désormais, les habitants sont devenus méfiants, et les confidences se font plus rares. Lakdar Boulasladj, 76 ans, les cheveux grisonnants, assure qu’il «aime bien» son quartier. «Cela fait trente-six ans que je vis dans la tour 38, je n’ai jamais bougé, annonce-t-il fièrement. Quant aux gens, je ne m’en soucie pas. Je m’occupe de ma famille et de mes trois chiens, c’est tout.» Son voisin Kader Blelkacemi, gardien d’immeuble de 58 ans, est plus bavard. «Les émeutes, c’est bien fini. Aujourd’hui, j’adore mon quartier et je n’en partirai pas, même à la retraite. Ici, vous avez des espaces verts, des magasins, des moyens de transport… Même à Lyon, on ne trouve pas tout cela. Et puis, quand il fait chaud, on s’assoit sur les bancs au pied des tours le soir, à la fraîche. Et on discute.»

Des plaisirs simples qui tissent, çà et là, du lien social. Béatrice Mondon, directrice de la maison de quartier de la Darnaise, réputé comme l’un des plus difficiles, organise régulièrement fêtes, sorties et repas pour réunir les habitants. «C’est formidable de voir ces mamans maghrébines distribuer du thé à la menthe à tout le monde, s’enthousiasme-t-elle. Même les jeunes viennent se joindre à nous. La solidarité entre les habitants est exceptionnelle, même si elle ne se voit pas au premier coup d’œil.» Cette dynamique habitante des Minguettes a délibérément choisi de s’installer ici. «Il faut que quelques-uns restent, car si tout le monde s’en allait, que deviendrait le quartier ?»

Comme beaucoup d’autres, elle constitue une des «forces de la cité», selon Paul Vuillermoz, le curé de Vénissieux. «Ces personnes qui choisissent d’habiter là soutiennent le vivre-ensemble. Mais quand on parle des banlieues, on oublie toujours le côté humain qu’il y a derrière.» Car les hommes et les femmes des Minguettes «sont d’une grande richesse, souligne Sylvie Perlès. Ils arrivent ici avec une culture et une histoire chargée.» À la mission locale, un projet de livre est en préparation. «Une dizaine de jeunes du quartier s’y racontent, annonce Martial Guiguet. C’est très prenant, très émouvant. Certains ont vécu la guerre au Kosovo ou en Yougoslavie. Ces jeunes ont des tas de choses à dire. On a beaucoup à apprendre d’eux.» Au pied de sa tour, Soumyea, qui ne quitterait son quartier pour rien au monde, ne leur souhaite qu’une chose : «Du travail, enfin.»

Florence PAGNEUX

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Les «étés chauds» des Minguettes

Été 1981 aux Minguettes, sur les hauteurs de Vénissieux : déçus par la victoire de la gauche aux élections présidentielles, les éléments les plus perturbateurs du quartier mettent le feu aux poudres. Une spirale infernale s’engage entre jeunes et policiers, qui ont pour ordre de ne pas réagir. Vitres de véhicules de police brisées, jets de projectiles, rodéos, voitures volées puis incendiées par des cocktails molotov et cambriolages sont le lot quotidien des habitants du quartier. Après la brève accalmie de l’été 1982, tout recommence en mars 1983, quand une interpellation policière tourne mal. Puis les émeutes cessent au profit d’autres formes d’action. Au mois d’octobre, Toumi Djaidja, blessé par balles par erreur, appuyé par le P. Christian Delorme, lance de Vénissieux la célèbre marche des Beurs. La révolte cède la place à l’espoir.


Et le foot dans tout ça ?!

Ou en est on actuellement ?!

 

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